BRÈVES INFOS. Burundi : La future Constitution amendée tiendra compte des résultats du dialogue interburundais organisé au niveau des 18 provinces burundaises au premier semestre 2016 sous l'égide de la Commission Nationale de Dialogue Interburundais (CNDI) / @Burundibwiza.com

La culture de notre pays devrait être le pilier du développement.

Last Updated: 10 April 2017 Hits: 237

SOCIETE / CULTURE

@Burundibwiza.com mise à jour, le 10.04.2017

Je lance un appel vibrant aux autorités de mon pays le Burundi à jouer correctemment leur rôle de faire de la culture de notre pays le pilier du développement et à ouvrir un débat sur les chemins à défricher pour assurer aux artistes burundais les moyens de vivre de leur travail, et à leurs créations le respect mérité.

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               Nsengiyumva Minani Felicien

Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. La culture c'est ce qui fait l'humain et un homme sans culture ressemble aussi à un zèbre sans rayures. Sans culture un pays n'est rien. Notre culture burundaise est notre boussole. Elle est non seulement le poumon et le mode de vie de notre société mais aussi l'un des leviers les plus importants que nos dirigeants doivent actionner convenablement pour réhabiliter et relancer l'économie de notre pays. Si notre Nation veut se construire, qu'elle se repose aussi sur sa culture. L'Etat burundais doit s'investir pour valoriser sa culture et nos dirigeants sont appelés à jouer correctement leur rôle de faire de la culture burundaise le pilier du développement, et faire demeurer éternellement au fil des générations la culture de notre peuple, dans ses traditions et ses pensées.

Le Burundi, est l'un des pays africains qui a depuis beaucoup d'années négligé sa culture et ses artistes surtout .Non seulement les droits d'auteur n'existent que sur papiers mais aussi des écoles de musique, de danse, de théâtre, de cinéma n'existent presque pas dans le pays. Aucun conservatoire de musique ni des arts plastique au Burundi. Avec le nouveau régime actuel, il y a eu un peu de progrès concernant surtout une loi sur les droits d'auteur et droits voisins que le pays s'est doté depuis décembre 2005 qui malheureusement n'est pas encore effective aujourd'huit. Quand bien même la musique burundaise a joué un rôle important dans le processus de paix, on remarque qu'elle fait toujours l'objet de peu d'investissements publics. Je lance un clein d'oeil à nos hommes d'affaires à investir aussi dans la musique et art burundais. Au Burundi il y'a un manque criant d'instruments de musique, des salles de spectacle et de théâtre dans tout le pays et plus généralement de formation musicale. La question de la formation est au coeur de la problématique des musiques actuelles. Il faut qu'il y ait un plan national pour l'éducation artistique et culturelle. Que nos autorités jouent efficacement leur rôle et que les ministères concernés ( de l'Éducation, de la Jeunesse, Sports et Culture...) s'impliquent dans sa mise en œuvre, résolument et solidairement. Cet état de fait constitue un obstacle à la professionnalisation des musiciens burundais et trop peu d'entre eux peuvent prétendre vivre des revenus de l'activité musicale.

Au Burundi depuis tant d'années la place de l’artiste n'a pas beaucoup évolué et la création artistique n' a pas pris une place importante. La plupart de légendes de la musique burundaise qui ont fait la fierté de notre peuple tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérier sont mortes pauvres et enterrées comme des simples citoyens et aucune d'entre elles n'a hérité jusqu'aujourd'hui un momument historique voir même une simple avenue d'un quartier d'une ville de son pays comme cela se fait dans les pays où les autorités ont de l'estime et reconnaissance envers leurs étoiles qui sont non négligeables. Je citerai comme exemples Nkeshimana Emmanuel, Nikiza David, Canjo Amissi, Gérard Musonera, Christophe Matata etc...., sauf ce dernier qui a du moins bénéficié une attention particulière louable de la par de nos autorités actuelles lors de son enterrement. Espérons que les autorités vont continuer ce geste beaucoup apprécié pour d'autres artistes aussi qui se donnent corp et âme pour réjouire le peuple et être utiles à leur pays, et les remercier surtout pendant qu'ils sont encore en vie qu'attendre après leur mort.

Je me demande si au Ministère de la Jeunesse, Sport et Culture on connaît combien y a t-il d'artistes professionnels burundais évoluant dans notre pays ou à l'étranger ? Combien de ces musiciens réussissent à vivre de leur musique et comment considérer que ce sont des professionnels ? Est-ce les années passées à jouer sur scène, le nombre de compositions réalisées, les diplômes (et lesquels ?) établissant un niveau de connaissances musicales ? En accordant les termes "artiste" et " professionnel ", il ne s'agit pas d'empêcher quiconque de jouer, ni de dire qui est artiste et qui ne l'est pas. Il s'agit de définir des critères permettant de désigner un artiste comme professionnel et ainsi de lui permettre d'accéder à un statut, à des prestations sociales et à des droits attachés à ce statut y compris ceux de la reconversion. En matière d'enregistrements sonores, il existe quelques studios privés à Bujumbura dont peu avec une bonne connaissance des mécanismes professionnels liés à l'industrie de la musique. Quant à la distribution de supports, le marché fait aussi l'objet d'une piraterie importante qu'il faut combattre énergiquement et punir sévèrement les auteurs d'infractions au droit d'auteur. Ainsi les artistes perdent leur argent investi et l'Etat burundais perd aussi l'argent que ceux derniers devraient pays comme impôts si leurs oeuvres étaient protégées par la loi des droits d'auteur.
Le métier d’artiste n’existe pas en dehors de la durée,d’un itinéraire et d’une perspective de carrière.C’est un combat permanent.Si certains peuvent accéder subitement à un emploi artistique,par le biais d’une rencontre ou un heureux coup du sort, la carrière ne s’improvise pas. La vie d’artiste repose sur le travail, la pratique et le perfectionnement quotidien. Il n’y a pas de secrets, il faut travailler pour réussir.


L’artiste musicien exerce son activité principalement dans la filière musicale qui recoupe plusieurs champs, mais aussi, et souvent de façon significative dans d’autres secteurs professionnels comme hôtellerie, restauration, tourisme, divertissement, loisir etc...Les artistes burundais sont appelés de s'aimer et d'arrêter de se détester, au besoin travailler ensemble dans l'unité pour leur bonheur et l'intérêt de leur pays. Pour réussir leur mission d'être des messagers de la paix, les artistes doivent prêcher à travers leurs chansons des bonnes paroles paisibles et constructives, jouer un rôle primordial dans la société. Avec les mots, ils ont la vertu de cultiver la paix, l'amour de leur prochain, l'amour de leur Patrie et ils ont le pouvoir de réconcilier les gens et développer leur pays. Je termine mon article en appelant les autorités de mon pays le Burundi à jouer correctemment leur rôle de faire de la culture de notre pays le pilier du développement et à ouvrir un débat sur les chemins à défricher pour assurer aux artistes burundais les moyens de vivre de leur travail, et à leurs créations le respect mérité. / Par Nsengiyumva Minani Félicien / Journaliste et artiste musicien burundais.

 

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