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Lettre ouverte au Président du Parlement Européen, Monsieur Antonio TAJANI

Last Updated: 07 November 2017 Hits: 90

Politique

@Burundibwiza.com mise à jour, le 07.11.2017

Auteur de la lettre: Dr Innocent Bano

Quid du rêve de Jean Monnet quand la tribune de notre prestigieuse institution de l’Union Européenne, le Parlement Européen, est utilisée pour menacer la paix et la sécurité d’un pays?


Deuxième lettre ouverte au Président du Parlement Européen, Monsieur Antonio TAJANI,

Antonio TAJANI

Monsieur le Président,

Cela fait 5 mois, jour pour jour, que je vous ai adressé une correspondance dans laquelle je manifestais, en tant que citoyen européen, ma consternation sur des propos outrageants, accusations mensongères et un appel à la déstabilisation d’un Etat souverain partenaire de l’Union Européenne (UE), le Burundi, par un groupe de 13 eurodéputés, à leur tête l’eurodéputé belge Monsieur Louis MICHEL, dans ce qu’ils venaient d’appeler « La carte blanche sur la situation au Burundi ». Aujourd’hui, je reviens vers vous pour, d’une part, vous remercier d’avoir porté attention à cette correspondance et surtout à son approche chronologique du tableau de la situation du Burundi ; d’autre part vous interpeller et inviter à comprendre combien, malgré les efforts en cours de normalisation des relations entre l’EU et le Burundi, la persévérance de cet eurodéputé et quelques associés  dans la déstabilisation du Burundi risque non seulement d’affecter davantage ces relations mais également de saper les efforts de paix et de réconciliation au Burundi et dans la Région des Grands-Lacs.

Monsieur le Président, ce n’est plus un secret de polichinelle : les relations entre l’UE et le Burundi connaissent actuellement des turbulences sans précédent. Cette situation et son enlisement en inquiètent plus d’un. L’UE a toujours entretenu de très bonnes relations avec le Burundi et le peuple burundais. Son accompagnement du processus et des différents accords de paix est un signe qui ne trompe pas. Il est dommage de constater que ces relations s’enveniment au moment où l’UE était désormais engagée à soutenir le Burundi dans la consolidation de la paix. Il convient de s’interroger sur les moteurs de cette détérioration, et sur le sort de la valeur clé de l’UE, la paix ? Si les événements d’avril 2015 au Burundi et les incompréhensions qui les ont entourés peuvent servir à justifier ce revirement, il n’en est pas de même pour l’analyse de l’évolution de la situation dans ce pays. Le Burundi a honorablement défié l’apocalypse que ses détracteurs lui présageaient depuis avril 2015 et est en paix. Le dialogue amorcé entre les différents partenaires politiques que ce soit tant au niveau intérieur qu’au niveau extérieur, et ce après une certaine incertitude politique à ramification exogène, a permis au Burundi de retrouver une paix plus heureuse que le malheur appelé par des voix mal intentionnées.

Monsieur le Président, le Burundi a certes connu depuis son indépendance des crises politiques à répétition. J’ai apporté dans ma première correspondance un peu de lumière sur leurs causes et leurs facteurs facilitateurs. Toutefois, l’histoire a montré que chaque fois que le pays cherchait à retomber sur ses pieds, certains individus qui semblent n’avoir pas digéré l’accession à l’indépendance du Burundi, redoublaient d’efforts pour ramener le Burundi vers le chaos. Mais cela s’opérait en coulisse. Si avril 2015 n’échappe pas à priori à cette réalité. Néanmoins, eu égard à tournure desdits événements, un élément nouveau émerge. Ceux qui agissaient dans l’ombre se sont ouvertement manifestés. Et c’est pour cela que certaines pistes de réflexion sur les relations actuelles entre l’UE et le Burundi peuvent être apportées : derrière le gel de ces relations, il y a un homme, l’eurodéputé belge Louis Michel et ses associés au sein de son pays et de notre Parlement. Le monde et surtout les Africains ne devraient pas avoir une mémoire courte. Certaines grandes figures et hautes personnalités européennes se sont cachées derrière les valeurs de droits de l’Homme et de démocratie pour détruire d’autres nations après avoir décapité leurs leaders. Et les conséquences sont connues de tous. Si la barbarie humaine du début du 20ème siècle a poussé certains hommes courageux à l’instar de Jean Monnet qui avait rêvé et apporté sa première pierre à l’édification d’une Europe juste et garantissant la paix pour les générations à venir ; au 21ème siècle ce rêve devrait rayonner sur le reste du monde et servir de modèle. Malheureusement cela semble n’est pas être le cas dans l’esprit de certains de ceux qui devraient en porter le flambeau.

Monsieur le Président, les erreurs du passé doivent nous servir de leçon pour que l’UE soit non seulement un espace de paix en son sein, mais aussi une source d’inspiration pour un monde stable et solidaire. Quels que soient les intérêts géopolitiques en jeux, les pays comme la Libye du guide Muhamed Kadhafi, pour ne pas en citer d’autres, se sont vus détruits sous le regard complaisant de l’UE parce des hommes politiques puissants en avaient décidé ainsi. Aujourd’hui tout laisse entendre que l’eurodéputé belge Louis Michel et l’avocat belge Bernard Maingain veulent répliquer au Burundi la voie tracée par l’ex. Président français Nicolas Sarkozy et le philosophe français Bernard Henry Lévy en Lybie au nom des droits de l’Homme et de la démocratie. Doit-on en arriver là, considérant les répercussions de telles aventures en Europe, dans la région et ces pays en particulier ? Par ce, j’invite les représentants du peuple européen à un examen de conscience pour préserver les valeurs fondatrices de notre chère Union Européenne. Que les intérêts sectoriels et particuliers ne priment pas sur les principes fondamentaux de l’UE. Que le Burundi ne soit plus considéré par les autres pays européens comme le pré-carré de l’un des leurs. Le façonnement des relations entre l’UE et le Burundi mérite une réflexion globale et juste, fondée sur des apports représentatifs de la diversité des Burundais. Et l’hémicycle européen devrait rester un espace de débat politique et non d’influence ou de pression pour déstabiliser d’autres pays. Ainsi, je vous invite, Monsieur le Président, à suivre de près la « table ronde » sur le Burundi qui sera organisée par les opposants radicaux burundais le 9 novembre 2017 dans les enceintes de notre Parlement et sous le patronage de Mr Louis MICHEL.

Toutes mes considérations et bonne réception

Fait à Bruxelles le 5 novembre 2017,

Dr Innocent Bano

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