BRÈVES INFOS. Burundi : La future Constitution amendée tiendra compte des résultats du dialogue interburundais organisé au niveau des 18 provinces burundaises au premier semestre 2016 sous l'égide de la Commission Nationale de Dialogue Interburundais (CNDI) / @Burundibwiza.com

La crise alimentaire au Burundi selon Alain Désiré Karorero.

Last Updated: 10 April 2018 Hits: 131

SOCIETE

Mise à jour du Lundi le 10.04.2018

Par Alain Desire KARORERO @Burundibwiza.com

Crise alimentaire : pourquoi et comment nous en sommes là ?        Je m’exprime en tant que témoins oculaire, j’ai assisté impuissamment à la destruction de l’environnement et donc au changement climatique, j’avoue avoir vu la disette avancer à grand pas sans pouvoir faire quoi que ce soit. A mon humble avis, la responsabilité est en grande partie imputable aux administratifs de l’époque dite « Buyoya II » et les forces de défense et de sécurité (Gendarmes, militaires et police municipale). Ce qu’il faut retenir, c’est que la crise alimentaire s’est fait sentir en premier lieu au Rwanda voisin. C’était en 1999, si je ne me trompe pas, lorsque le président Rwandais Paul Kagamé a signé deux décrets et des mesures draconiennes qui les accompagnaient. Il s’agit d’un décret interdisant formellement le déboisement et celui interdisant l’utilisation des emballages en plastique. (Sachets)

        Des lors, toute personne surprise en train d’abattre un arbre sur le sol rwandais, devait écoper de cinq ans de prison, après paiement d’une amande et remplacement de l’arbre coupé. La question de trouver le charbon pour la cuisine était alors posée.

        En 2000, un sac de charbon en province de Kirundo coûtait 1.500 francs burundais, soit 850 francs rwandais. La hausse des prix du charbon et du bois servant à la construction commence avec, la signature de ces deux décrets. Les hommes d’affaires qui entraient au Burundi pour y vendre les pommes de terre ou autres marchandises, retournaient au Rwanda avec quelques sacs de charbon achetés à 1500 francs rwandais, soit à peu près 3000 francs burundais, pour les revendre à 2500 frs rwandais chez eux. C’est à partir de cette époque que la famine a frappé à la porte de la région de Bugesera et qui va s’empirer avec la période de transition, car, selon toute vraisemblance, tous les administratifs faisaient la course contre la montre.

    Pendant que nos pauvres paysans croyaient sortir de leur misère, les pluies sont devenues capricieuses dans cette contrée, une pénurie d’eau dans les champs s’installa. Bref, c’était toute la région de Bugesera qui était menacée, avant de contaminer celle de Buyenzi.

     Voyant que la terre ne donne plus comme avant, nulle part on ne pouvait trouver le sorgho, les haricots et le café. Un vendredi du mois de juin 2001, le gouverneur de province Kirundo convoque une réunion d’extrême urgence, une réunion regroupant les chefs de services œuvrant dans la province de Kirundo. L’actuel Ombudsman, l’honorable Edouard Nduwimana était procureur de la République. Je croyais qu’il s’agissait d’une simple réunion d’échange comme à l’accoutumée. En m y rendant j’ignorais que j’allais être la principale cible d’attaque en tant que responsable n°1 du trafic frontalier. La question qui a été longuement posée est celle-ci : « Où va le bois ? Où va le charbon ? Où va le café ? » Et tous les yeux des participants étaient braqués sur mon visage. A cette question, j’ai sèchement répondu en ces termes : « Cette question est à poser à nos administratifs qui autorisent le déboisement en pleine journée, les gendarmes et militaires qui facilitent le passage de ce bois et charbon pendant la nuit vers le Rwanda en passant par des voies non autorisées ». Par ces voies entendez, le lac Rweru, Cohoha etc…. Les participants à cette réunion se souviennent de la dernière phrase que j’ai prononcée en kirundi : « Kwisamburirako nk’impene ». J’écris toutes ces lignes pour vous expliquer que la disette a commencé par frapper notre voisin du nord et qui a pris des mesures de protection à temps.

 Ce qui m’étonne est qu’au Burundi, on a dû attendre que la situation deviennent vraiment critique pour que l’aide se mette en place, alors que les Burundais n’avaient du tout besoin de l’aide que la mise en place des mécanismes de sensibilisation.

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